Du 9 au 12 juin 2026, nous avons participé au séminaire annuel et à l'Assemblée générale du Réseau des Compétences Électorales Francophones (RECEF) à Namur, en Belgique. Le séminaire de cette année était consacré au thème « Les listes électorales : de l'inscription au vote », réunissant des responsables électoraux, des organes de gestion électorale, des représentants gouvernementaux, des organisations internationales et des experts électoraux de l'ensemble de la francophonie afin d'échanger des expériences et des bonnes pratiques en matière d'inscription des électeurs, d'identification des électeurs, de technologies électorales et d'avenir de l'administration électorale.

Créé en 2011, le RECEF est un réseau d’organismes et d’institutions de gestion électorale de l’espace francophone qui se consacre au renforcement de la gouvernance électorale, à la promotion de l’apprentissage entre pairs et à la facilitation de la coopération entre les acteurs du monde électoral. L'événement de cette année a également marqué le quinzième anniversaire du réseau et a réuni des représentants de plus de trente pays et territoires d'Afrique, d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Asie, aux côtés de partenaires tels que l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), International IDEA, la Commission de l'Union africaine, la CEDEAO et l'ECES.

Représentant l'ECES, Madjiguene Thiam, responsable des programmes et de la mobilisation des ressources, a contribué aux discussions du séminaire sur les technologies émergentes et l'innovation électorale. Au cours de la session consacrée à l'avenir des technologies électorales, de l'intelligence artificielle et des systèmes d'inscription des électeurs, elle a présenté la méthodologie innovante LEAD AI de l'ECES, qui combine le développement du leadership, la gestion des conflits, les compétences en communication et l'utilisation responsable de l'intelligence artificielle dans les contextes électoraux.

Sa présentation a examiné comment l’intelligence artificielle façonne de plus en plus les processus électoraux tout au long du cycle électoral. S’appuyant sur les derniers travaux de recherche et supports de formation de l’ECES, elle a mis en avant les applications de l’IA dans l’inscription des électeurs et l’identification biométrique, la logistique électorale, l’information des électeurs, la surveillance de la désinformation, la sécurité électorale, la vérification des résultats et le contrôle du financement des campagnes.

Dans le même temps, elle a souligné l’importance de traiter les risques associés à ces technologies, notamment les biais algorithmiques, les préoccupations en matière de vie privée, les menaces de cybersécurité, les deepfakes, l’ingérence étrangère et la dépendance croissante vis-à-vis des fournisseurs de technologies privés. Elle a également insisté sur la nécessité de la transparence, d’un contrôle humain et de cadres réglementaires solides pour garantir que l’innovation technologique renforce, plutôt qu’elle ne sape, la confiance du public dans les processus démocratiques.

Madjiguene a également présenté les principaux résultats de la récente mission d'apprentissage par les pairs des dirigeants de l'AAEA et de l'ECES à Rome, organisée par l'Association des autorités électorales africaines (AAEA), l'ECES et la Commission de l'Union africaine avec le soutien du ministère italien des Affaires étrangères. La mission a réuni des représentants des organes de gestion électorale africains pour discuter de la gouvernance électorale, de la cybersécurité, de la souveraineté numérique et des implications de l'intelligence artificielle pour les élections. Les participants ont échangé leurs expériences avec des institutions et des experts italiens et ont adopté la Déclaration de Rome, qui promeut une gouvernance responsable de l’IA, une cyber-résilience renforcée, une coopération régionale plus solide et une plus grande souveraineté numérique pour les institutions électorales.

Le séminaire lui-même a donné lieu à des discussions approfondies sur la gestion des listes électorales, les systèmes d’identification des électeurs, l’inscription continue des électeurs, les technologies biométriques et les stratégies visant à garantir un accès égal à l’inscription sur les listes électorales. Les participants ont partagé les expériences de pays tels que la Belgique, le Sénégal, le Bénin, la Mauritanie, la République démocratique du Congo, la Guinée, le Canada, la Roumanie, Maurice et le Cap-Vert, illustrant la diversité des approches adoptées au sein de la communauté électorale francophone.

Un moment particulièrement marquant de l’événement s’est produit lors de l’Assemblée générale du RECEF, lorsque Biram Sène, directeur général des élections du Sénégal, a été élu à l’unanimité par acclamation à la présidence du RECEF.

Réunissant les institutions électorales de 37 pays membres, le réseau a confié sa direction à M. Sène en reconnaissance de sa vaste expérience et de son engagement en faveur de la gouvernance électorale. Son élection reflète à la fois son leadership et son expertise personnels, ainsi que le rôle croissant du Sénégal dans la promotion de la gouvernance démocratique et de la coopération électorale à travers le monde francophone.

L'ECES félicite chaleureusement le président Biram Sène pour son élection et se réjouit de poursuivre sa collaboration avec le RECEF et ses membres. Alors que les processus électoraux continuent d'évoluer en réponse aux innovations technologiques, à l'évolution des attentes sociétales et aux nouveaux défis en matière de sécurité, les partenariats et les plateformes d'apprentissage entre pairs tels que le RECEF restent des espaces essentiels pour échanger des expériences, renforcer les capacités institutionnelles et promouvoir des élections crédibles, inclusives et transparentes.